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Pour aujourd’hui, Pour demain, Pour toujours.
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Chant du volant : le rythme en mouvement d’une génération
Dans le vaste corpus des chants de guerre de Hoàng Vân, Chant du volant occupe une place singulière. Là où nombre de ses œuvres contemporaines développent soit une ampleur épique, soit une profondeur lyrique intérieure, cette pièce révèle une énergie différente : celle d’une jeunesse en mouvement, vibrante, nerveuse, portée par l’urgence quotidienne de la guerre.
Composée vers 1964–1965, au moment où le Nord-Vietnam entre dans l’une des phases les plus dures de la guerre aérienne, l’œuvre s’inscrit dans une période où les réseaux de transport deviennent le cœur vital de l’arrière-front. Les convois routiers assurant jour et nuit la circulation des ressources, des armes et des hommes constituent alors une image concrète de la résistance nationale.
Le compositeur Nguyễn Đình San écrivait :
« C’est un chant de guerre, pour des chauffeurs en temps de guerre… Les intervalles accidentés évoquent les routes défoncées de cratères, ces pistes à peine ouvertes qu’il fallait déjà franchir. »
Cette observation décrit avec justesse la nature même de l’écriture.
À première écoute, l’œuvre peut évoquer une esthétique de musique légère. Le chercheur Thụy Kha y voyait l’un des signes précoces de l’introduction, par Hoàng Vân, d’un langage rythmique moderne bien avant l’émergence officielle de la variété vietnamienne.
La partition confirme cette intuition.
Tempo vif, pulsation régulière, ostinato de basse, accentuations légèrement déplacées : tout concourt à produire une propulsion continue. Il ne s’agit pas du pas cérémoniel d’une marche militaire classique, mais de la vibration mécanique d’un moteur lancé sur une chaussée déformée.
C’est là l’une des modernités majeures de l’œuvre. Hoàng Vân assimile certains procédés de la musique légère urbaine, mais les détourne entièrement vers une poétique de la guerre.
La forme se déploie comme un rondo élargi. Le thème principal revient à plusieurs reprises, chaque réapparition étant subtilement transformée par l’intensité, la hauteur ou la densité harmonique. Cette organisation crée une sensation de progression ininterrompue.
L’écriture harmonique révèle une finesse remarquable. Bien qu’ancrée dans une tonalité majeure claire, elle multiplie les dominantes secondaires, les suspensions, les détours sous-dominants et les retards de cadence. Ces procédés créent une instabilité contrôlée qui évoque physiquement le cahotement de la route.
Le vers :
« Traversant montagnes, fleuves et rizières… »
avec ses sauts de quarte, quinte, septième et octave, transforme le relief réel en topographie sonore.
Le texte, volontairement direct, refuse toute sophistication poétique excessive. Camions, ponts détruits, cratères, écoles frappées, récoltes, ravitaillement : la guerre apparaît ici dans sa matérialité concrète.
Le vers :
« Sous les toits effondrés, les pages d’écoliers brûlent encore »
constitue l’un des points les plus poignants de l’œuvre. La guerre cesse soudain d’être abstraction historique ; elle devient perte immédiate et visible.
Comparée au Chant pour les soldats de ravitaillement, cette œuvre apparaît moins monumentale, plus nerveuse, plus proche du vécu individuel.
Hoàng Vân n’y érige pas un monument sonore ; il y saisit le battement immédiat de celles et ceux qui faisaient l’histoire sans le savoir.
C’est précisément cette vérité humaine qui lui donne sa force durable.
Plus de cinquante ans après sa création, Chant du volant demeure encore un témoignage de cette capacité singulière de Hoàng Vân : transformer la matière la plus quotidienne en architecture musicale vivante, où réalité historique, énergie rythmique et exigence artistique se fondent en une seule forme.
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Année de composition: 1964 hoặc 1965, 1967 theo NS Thụy Kha
1-
Notre véhicule file rapidement sur la route,
À travers montagnes, rivières, villages et champs.
Mon ami…
Nous franchissons mille obstacles sur la route à venir.
Nous roulons dans la nuit ou en plein jour,
Dans les tempêtes ou par beau temps.
Mon ami…
Tiens fermement le volant, accélérons pour avancer,
Chantons à haute voix un chant joyeux sur la longue route.
Regarde, un pont détruit par l’ennemi, un cratère de bombe au bord de la route,
Sous une école effondrée, des cahiers d’écoliers brûlent encore.
Quelle douleur, quelle colère en nous !
La haine contre les Américains est enfouie au fond du cœur,
À chaque instant, elle ne s’apaise jamais.
En route, mes amis, en route…
(Refrain)
Encore des jours de pluie, encore des nuits de brume,
Nous avançons vers le front.
Tant de camarades nous attendent.
Une cargaison arrivée à destination,
c’est un chant de joie dans le camp,
Encore une grande victoire,
Une récolte abondante,
Un nouveau jour de rentrée scolaire,
C’est une nouvelle source de joie pour nous…
2-
Notre véhicule est comme un aigle,
Traversant vents, pluies et soleil sur la route.
Mon ami…
Ceci est un champ de bataille, et notre convoi est une arme.
Nous aimons et chérissons nos véhicules infiniment,
Comme un soldat aime son fusil.
Mon ami…
Devant nous, tant de camarades nous attendent,
Chantons à haute voix un chant joyeux sur la longue route…
Regarde devant, les flammes brûlent ; derrière, les bombes explosent,
Dans l’épreuve du feu, nous restons courageux et fiers,
Déterminés à avancer pour livrer la marchandise.
À chaque instant, sans jamais faiblir…
En route, camarades, en route.
(Refrain)
Quý Dương