For today, For tomorrow, Forever.
Por hoy, Por mañana, Por siempre.
Pour aujourd’hui, Pour demain, Pour toujours.
Сегодня, завтра, навсегда.

Photo : les compositeurs Phạm Tuyên, Hoàng Vân et Thuận Yến lors de la cérémonie de présentation de trois chansons offertes à Université nationale de Hanoï, le 9 février 2006.
Crédit photo : Bùi Tuấn.
L’Université nationale de Hanoï est l’une des institutions académiques les plus anciennes et les plus symboliques du Vietnam moderne. Son origine remonte à 1906 avec la fondation de l’Université indochinoise, premier établissement universitaire créé par l’administration française en Indochine, qui posa les bases du modèle universitaire moderne sur le territoire vietnamien.
À travers les multiples transformations institutionnelles imposées par l’histoire — de l’Université indochinoise à l’Université nationale du Vietnam, puis à l’Université générale de Hanoï, avant la refondation de l’Université nationale de Hanoï en 1993 — cette institution a maintenu une continuité intellectuelle de plus d’un siècle. Dans la vie culturelle et scientifique vietnamienne, elle n’est pas seulement un lieu de formation ; elle incarne une mémoire vivante, un espace où l’histoire de l’enseignement supérieur moderne du pays se transmet et se renouvelle génération après génération.
En 2006, à l’occasion du centenaire de la tradition Université indochinoise – Université générale de Hanoï – Université nationale de Hanoï, Hoàng Vân compose Hymne de l'Université Nationale de Hanoi comme une œuvre officielle offerte à l’établissement.
Il s’agit de la seconde chanson de Hoàng Vân devenue chant traditionnel de l’université, après Pour que les arbres de la vie soient verts (Vì cây đời xanh tươi, 1986), écrit pour le quatre-vingtième anniversaire de l’établissement, alors encore nommé Université générale de Hanoï.
Cette circonstance revêt une signification particulière. Dans l’ensemble de l’œuvre de Hoàng Vân, rares sont les institutions éducatives auxquelles il ait consacré deux chants traditionnels à vingt ans d’intervalle. Cela témoigne du lien durable qui unissait le compositeur à l’espace universitaire le plus emblématique du Vietnam, mais aussi de la profonde affinité qu’il entretenait avec l’idéal académique conçu comme fondement de la vie nationale.
Ce qui frappe d’emblée dans Hymne de l'Université Nationale de Hanoi, c’est la manière dont Hoàng Vân aborde le thème universitaire. Là où la plupart des chants institutionnels oscillent entre deux pôles — soit une solennité rigide qui les enferme dans le cérémonial, soit une exaltation directe de la jeunesse à travers des formules convenues — Hoàng Vân choisit une voie plus équilibrée. L’œuvre prend la forme d’une véritable « marche d’accompagnement » : elle possède l’élan collectif du mouvement en avant, tout en conservant une intériorité lyrique sans laquelle il ne saurait y avoir de véritable espace académique.
Dès les premiers vers, l’imaginaire musical est établi par une écriture fortement symbolique : « Une forêt de fleurs rivalise de couleurs, un ciel bleu où l’intelligence s’épanouit. » Ici, le savoir n’apparaît ni comme un slogan pédagogique ni comme une abstraction sèche ; il est pensé comme un processus organique de croissance. Le lien entre l’image naturelle et l’essor de l’intelligence ouvre une signification plus profonde : la vie académique y est perçue comme une force continue de la culture nationale, comme un printemps sans cesse renaissant.
À partir de cette base poétique, l’œuvre élargit progressivement sa portée historique. Les vers qui évoquent « cent ans de tradition » ne constituent pas une simple mention commémorative ; ils convoquent tout le processus de formation de l’université moderne vietnamienne, depuis l’Université indochinoise de 1906 jusqu’à l’Université nationale de Hanoï au début du XXIᵉ siècle. Dans cette continuité, maîtres et étudiants ne sont pas seulement les acteurs du présent : ils deviennent les maillons d’une transmission historique ininterrompue.
Ainsi, le centre idéologique du chant ne réside pas dans une fierté tournée vers le passé, mais dans une aspiration à poursuivre l’œuvre. Cela apparaît clairement dans son organisation musicale. La pièce adopte une forme tripartite élargie, typique des grandes œuvres cérémonielles tardives de Hoàng Vân, mais traitée avec une souplesse remarquable. L’ouverture instaure une clarté solennelle à travers des phrases équilibrées, développées principalement par degrés conjoints, créant une impression de stabilité sans lourdeur. Cette retenue est délibérée : elle évite toute dramatisation excessive afin de réserver son énergie à une expansion progressive vers le centre.
Lorsque la section de développement s’installe, l’espace musical s’élargit sensiblement. Les sommets mélodiques s’élèvent peu à peu, les intervalles s’ouvrent davantage, particulièrement sur des mots-clés comme « intelligence », « dévouement », « Vietnam ». Il s’agit là d’un procédé caractéristique de Hoàng Vân : faire de l’apogée mélodique un accent sémantique, de sorte que l’idée s’imprime par la forme musicale elle-même plutôt que par une emphase verbale. Grâce à cela, le chant conserve une dignité intellectuelle et une force expressive intérieure sans recourir à l’affirmation démonstrative.
Le langage harmonique révèle également une écriture pleinement mûrie. Bien que fondée sur une tonalité majeure lumineuse, l’œuvre évite d’établir trop rapidement sa tonique. De nombreuses phrases s’ouvrent dans une suspension, traversent des dominantes secondaires et des expansions sous-dominantes avant de se résoudre dans une cadence parfaite. Cette « résolution différée » donne à la musique une impression constante d’orientation vers l’avant — image idéale d’une université héritière d’un siècle d’histoire et toujours en devenir. Dans les passages consacrés à la tradition et à l’engagement, l’extension prolongée de la sous-dominante crée une lumière ouverte, paisible mais profonde, semblable à un espace de pensée en expansion.
La forme globale cesse ainsi de fonctionner comme une simple chanson strophique pour devenir un vaste arc de développement. Le thème initial revient dans la section finale avec une hauteur plus lumineuse et une assise harmonique renforcée, produisant l’effet d’un retour transformé, d’une réapparition dans un état de maturité supérieure. Ce procédé, très proche d’une pensée symphonique miniature, appartient à l’écriture des grandes œuvres tardives de Hoàng Vân.
Même le rythme participe à l’identité de la pièce. Bien qu’écrite en 4/4 à tempo modéré, la musique évite la carrure appuyée caractéristique de la marche cérémonielle classique. Elle introduit au contraire une légère souplesse dans la division des durées, donnant au flux une impression de progression commune. Il ne s’agit pas d’un défilé, mais du pas partagé d’une communauté intellectuelle avançant par force intérieure.
Dans cette progression, le vers « Toujours prêts à nous consacrer » ne sonne pas comme une injonction, mais comme une profession de foi discrète de l’intellectuel envers la nation. L’un des moments les plus subtils survient lorsque Hoàng Vân place l’image nationale au sommet émotionnel : « Resplendissent les deux mots Viêt Nam. » Il ne s’agit pas d’une affirmation imposée, mais de l’aboutissement naturel de tout le processus musical. Après avoir traversé les images du savoir, de la création, de la jeunesse et de la tradition, la musique s’arrête sur « Vietnam » comme sur une destination nécessaire. L’idéal universitaire y rejoint directement la responsabilité civique, selon l’idée que le savoir ne trouve son sens véritable que lorsqu’il éclaire la vie nationale.
Comparé à Pour que l’arbre de vie reste verdoyant, composé en 1986 pour l’Université générale de Hanoï, ce chant révèle une continuité de pensée, mais aussi une évolution sensible. Si l’œuvre de 1986 mettait l’accent sur la croissance et la vitalité intellectuelle, Hymne de l'Université Nationale de Hanoi élargit cette vision à la dimension historique et à la responsabilité de transmission. L’une célèbre la sève de la connaissance ; l’autre affirme la conscience historique d’une intelligence arrivée à maturité. Séparées par vingt ans, ces deux œuvres composent ensemble un double portrait de l’université vietnamienne moderne.
C’est précisément grâce à ces raffinements techniques discrets que le chant dépasse sa fonction commémorative. Il ne se contente pas de marquer un anniversaire historique de l’Université nationale de Hanoï ; il construit un espace musical autonome, solennel sans sécheresse, lumineux sans superficialité, collectif sans sacrifier l’émotion personnelle.
Voilà pourquoi cette œuvre peut durablement habiter la mémoire académique de l’institution, comme un emblème musical possédant à la fois une valeur cérémonielle et une pleine autonomie artistique. Dans cet équilibre se révèle l’une des qualités majeures de l’art de Hoàng Vân : la capacité de transformer une commande fonctionnelle en une architecture musicale durable, où la valeur historique et la valeur esthétique coexistent dans une unité pleinement accomplie.
Cette œuvre porte également les titres Marche commune pour professeurs et élèves et Chant de la jeunesse.
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Année de composition: 2006
REFRAIN
Une forêt de fleurs rivalise de parfums et de couleurs,
Un ciel bleu où l’intelligence s’élève,
Un chant héroïque fait rayonner l’âme sacrée des montagnes et des rivières.
Chaque pas porte en lui la joie de créer.
Le printemps nous apporte des idées merveilleuses,
Nous conduit vers un grand amour,
Porté sur nos fronts sacrés,
Brillent les deux mots « Viêt Nam ».
REFRAIN
Notre chère université nous permet d’offrir notre jeunesse à la vie,
Toujours prêts à nous dévouer volontairement,
Élevant haut une tradition centenaire :
Université nationale de Hanoï.
REFRAIN
Le printemps nous apporte des idéaux merveilleux,
Nous conduit vers un grand amour,
Porté sur nos fronts sacrés,
Brillent les deux mots « Viêt Nam ».
REFRAIN
Le printemps nous apporte des idéaux merveilleux,
Nous conduit vers un grand amour,
Porté sur nos fronts sacrés,
À jamais, Université nationale de Hanoï.
Notre chère université nous permet d’offrir notre jeunesse à la vie,
Toujours prêts à nous dévouer volontairement,
Élevant haut une tradition centenaire :
Université nationale… de Hanoï.